Linda
ROUX
Saint-Étienne, France

Linda ROUX

Linda roux est née en 1975 à Séoul en Corée du sud. Elle vit et travaille à Saint-Étienne, où elle a également fréquenté l’école des Beaux-Arts dont elle sort diplômée du DNSEP en 2001.

2006 marque un tournant dans sa carrière artistique : Linda considère qu’elle est allée au bout de son travail d'installation in situ et commence à peindre. Elle procède, méthodiquement, par séries structurées et cohérentes. En 2012, elle s’attaque à un format de série plus ambitieux que jamais avec l'ensemble de peintures “Wasteland”.

La peinture de Linda Roux, poétique, orageuse, lourde de mystère et de tension émotionnelle retenue, met en interaction des personnages humains et la nature dans une ambiance curieuse, inquiétante, qui vient infuser des lieux au demeurant plutôt quelconques.
Voici comment l’artiste décrit elle-même son projet en cours Wasteland :
« Wasteland se compose de tableaux autonomes formant un ensemble cohérent et narratif autour de personnages inventés. Il s'agit de nouveaux voisins : Pierre, ex citadin tout juste installé à la campagne, et Stéphane, agriculteur. Il sera raconté leur rencontre, leur relation ainsi que celles avec de nouveaux arrivants, chacun amenant sa couleur et sa touche picturale.
Feuilleton en peinture sur la solitude et la difficile relation à autrui, Wasteland n'en n'est qu'à ses débuts. Je m'inspire autant des séries américaines que de la littérature du XIXème siècle. Mon but est de construire des histoires qui se déroulent sur du long terme, avec des personnages qui deviennent aussi attachants que des amis et qui nous renvoient à nous-mêmes comme à notre société. »

EXPOSITIONS PERSONNELLES ET COLLECTIVES

2015 : L'œil vintage galerie, Lyon, France
2015 : Dépendances Crash Galllery, Lille, France
2015 : La Serre, Saint-Etienne, France
2015 : Manu Chandès et Linda Roux, Atelier des charrons, Saint-Etienne, France
2014 : Car chacun dans son pré plantera des groseillers, choux, poireaux et chicorée, Galerie de l'Agenda, Saint-Etienne, France
2012 : Galerie Le Réalgar, Saint-Etienne, France
2011 : Exposition de Noël organisée par Le Magasin, Musée de la peinture, Grenoble, France
2011 : Galerie Gilbert Riou, Lyon, France
2010 : Black Trou, Galerie de l’Agenda, Saint-Etienne, France
2010 : Où vont-ils, Linda Roux et Sha Zijian, Galerie Catherine et André Hug, Paris, France
2010 : Musée d’art moderne de Saint-Etienne, France
2006 : Desseins d’artistes, Atelier Vailati, Saint-Etienne, France
2005 : Jérôme Dussuchalle, Fabien Perani et Linda Roux, L’assaut de la menuiserie, Saint-Etienne, France
2004 : Un endroit, Saint-Etienne, France
2004 : Les shops, les inattendus 2004, Espace Charrenton, Paris, France
2004 : Chapelle de l’hôpital Corentin-Celton, Paris, France
2004 : Salon d’art contemporain de Montrouge, Montrouge, France
2004 : Trois artistes, Centre d’échanges cultutrels franco-rwandais, Kigali, Rwanda.
2004 : Jeune création, Grande Halle de la Villette, Paris, France
2003 : Superfux, Galerie Tator, Lyon, France
2003 : Un instant, immeuble abandonné, Saint-Etienne, France
2002 : Intervention avec le collectif Transat, Musée d’art moderne de Saint-Etienne, Saint-Etienne, France
2002 : Un des sens, La clé d’voûte, Saint-Etienne, France
2002 : Showroom Art-Comm-Design, Château des Bruneaux, Firminy, France
2002 : Insolite/solite, Museu da ciència e indùstria, Porto, Portugal
2002 : Encore, Ocean Terminal, Edimbourg, Ecosse
2002 : Exposition Art contemporain, Les ateliers de la Poudrière, Seyssel, France
2002 : Biennale européenne d’art contemporain, Nîmes, France
2002 : A. Gaume, F. perani, L. Roux, L’assaut de la menuiserie, Saint-Etienne, France
2002 : Jeune création, Grande Halle de la Villette, Paris

PUBLICATIONS

Azart n°56, mai-juin 2012, Linda Roux, poésie de l’invisible.
Linda roux, Armageddon/résurrection, http://www.boumbang.com/linda-roux/

Dans l'atelier de Linda Roux

Samedi 28 Mai 2016 en fin de matinée : le TGV me conduit à Saint Etienne où je m’apprête à rencontrer l’artiste peintre Linda Roux. Elle m’accueille à l’arrivée et la conversation s’amorce dès le trajet en tram, qui nous mène au centre-ville, où nous traversons quelques rues submergées de soleil avant de monter un escalier en pierre pour arriver dans son appartement atelier. Nous continuons à discuter assises à sa table de cuisine en formica, autour de tasses de café répétitives pour moi et tout en allumant une série de cigarettes pour elle, puis passons à l’atelier où elle me présente une à une les toiles de sa série Wasteland, un projet qu’elle entend dérouler sur l’échelle de sa vie.


Linda Roux présentant Wasteland

Linda Roux a fait le choix de ne pas exercer d’autre activité professionnelle que celle de peintre, malgré la sobriété financière que cela impose, pour engager tout son temps dans sa pratique artistique. Le temps que ne remplit pas l’action de peindre à proprement parler est mis à profit en temps de réflexion, de recherche, de lecture, de visionnage des films, séries et films d ‘animation qui nourrissent ses œuvres, ou encore en démarchage et montage d’expositions. La vie à Saint Etienne découle de ce choix de ne pas faire de compromis avec la vie d’artiste : c’est une ville dont les loyers modérés offrent la possibilité aux artistes de se loger et d’avoir suffisamment d’espace pour travailler sans multiplier les emplois annexes, qui peuvent représenter une entrave à la carrière artistique. D’autre part, Linda Roux a mené ses études d’arts plastiques à St Etienne et y possède son réseau d’amis artistes. Le dynamisme en matière d’art contemporain n’est pas aussi fort que Linda l’aimerait dans cette ville qui mise avant tout sur le design, mais Saint Etienne possède quand même « de beaux lieux » qui soutiennent la création ou permettent au moins de montrer son travail, comme L’assaut de la menuiserie, Les limbes, La Serre, Le Beluga, le 17… Et de surcroît, la situation géographique de Saint Etienne la relie avantageusement à Lyon, Paris ou la Suisse.


Peintures acryliques et pinceaux de l’artiste

 Linda Roux revendique le fait de prendre son temps pour travailler et refuse aujourd’hui de produire ou d’enchaîner les expositions dans la précipitation : les toiles en pâtissent, l’énergie est dilapidée, c’est contreproductif. Elle a besoin chaque jour de « traîner » quelques heures avant de se mettre à peindre : c’est un temps de mise en route nécessaire, souvent passé sur internet où elle puise des images qu’elle classe consciencieusement. Outre ses possibilités documentaires infinies, elle reconnaît à Internet le mérite d’avoir changé la donne pour les artistes des petites villes : la diffusion d’un travail artistique et les mises en relation sont grandement facilitées. On peut être amené à préparer une exposition collective avec des artistes uniquement rencontrés sur facebook ! Linda peint environ cinq à six heures par jour. Elle souligne à juste titre que lorsqu’un artiste ne « travaille pas », il ne se défait jamais de ses projets : par exemple, lorsqu’elle part en week-end ou en vacances avec comme objectif de se vider la tête, elle ne résiste jamais à prendre des photos utiles à sa série Wasteland. Et lorsqu’elle regarde un film, elle pense à Wasteland, allant jusqu’à photographier l’écran lorsqu’une composition l’interpelle… La posture de relative lenteur qu’assume Linda Roux correspond non seulement à une nécessité personnelle mais aussi à une opposition idéologique au formatage opéré par notre société par lequel on est appelé à aller toujours plus vite, à se vanter d’avoir l’agenda le plus rempli possible… on se sent conditionné à être toujours dans l’intensité, ce qui est une façon de vivre très stressante face à laquelle on est sensé arborer un air parfaitement détendu… Même cette injonction du « détendez-vous » devient un stress supplémentaire…


Dessins encadrés et toile « Le Plan »


Si Wasteland présente des atmosphères pesantes et ambigües dans des tons sourds et sombres, où l’irréparable semble toujours sur le point d’être commis, Linda Roux ne pense pas porter sur le monde un regard pessimiste. Elle considère plutôt apporter une vision lucide du monde tel qu’il est et surtout tel qu’on ne souhaite généralement pas le voir ou le montrer puisqu’on cherche constamment à enjoliver. Elle veut raconter « la lourdeur » de la vie, la vie sans mensonges, sans maquillage. Il émane de Wasteland une certaine violence, mais une violence que les personnages n’exercent qu’envers eux-mêmes. Wasteland décrit la solitude, une solitude que chaque protagoniste gère à sa façon. Solitude qu’a connue Linda Roux elle-même dans son enfance, grandissant dans une maison avec jardin avec la sensation d’être « sous cloche », et dans cette banale situation de voisinage où les différentes familles physiquement proches s’entrevoient sans se connaître pour autant. Linda continue à être solitaire, mais sa solitude est plus souvent choisie que subie : elle a besoin de passer de longs moments seule, que ce soit pour travailler ou à titre personnel. Dans d’autres moments cependant, elle se plait à être très entourée. Comme le dit l’artiste « la solitude est le sentiment le plus partagé par chacun d’entre nous. C’est quelque chose que l’on connaît tous et que l’on nie, car la solitude est surtout montrée de façon péjorative ».


Linda regardant « he’s watching you »


Linda Roux peint à l’acrylique et s’attache à varier les effets et les manières de peindre, quitte à faire des exercices techniques sur une toile d’entraînement, quitte à se mettre en danger, à sortir de ce qu’elle maîtrise le mieux, quitte à rater et recommencer de longs mois durant. Elle craint et refuse de s’enfermer dans un style et se pousse sans cesse à évoluer et à se renouveler, même si le changement ne s’opère d’abord que discrètement sur une petite partie de tableau. Elle ambitionne de se sentir aussi à l’aise avec une peinture « très léchée » qu’avec une peinture « très lâchée », plus expressionniste. On dénombre dans son panel de traitements les coups de pinceaux mouvementés des ciels, les coulures par endroits, les aplats, les arrêtes bien droites de murs et fenêtres, les surfaces remplies en gardant les traces de pinceaux visibles, les brins d’herbes détaillés un à un, la végétation confuse fonctionnant par tâches évocatrices… Les notions de « statique » et « en mouvement » l’interrogent, et plus particulièrement l’idée que puisse sembler en mouvement quelque chose de statique.

Détail de coulure dans un ciel

Détail d’herbes et sol de l’atelier

Les œuvres de Linda Roux naissent de la convergence de différentes images de référence : une pour le ciel, une pour la végétation … Elle crée un rapide photomontage informatique pour générer le puzzle qui va guider le tableau. Pour mettre en place ses personnages, Linda fait poser des amis et réalise quelques prises de vue sommaires. A chaque personnage de Wasteland son modèle. Lors du passage à la peinture, chaque personnage qui entre dans l’histoire amène avec lui sa couleur. Par exemple, Stéphane est associé au jaune de Naples.

Wasteland raconte une histoire sans se contraindre à une véritable narration. Linda Roux ne respecte pas de story bord, qui figerait un peu trop les choses et la pousserait à être plus dans l’illustration de ce qui a été prévu que dans une démarche de peintre. Elle consigne en revanche les caractéristiques physiques et psychologiques de ses personnages, et les codes plastiques liés à chacun d’eux (décor de végétation épanouie pour l’un, végétation comme calcinée, éteinte ou absente pour un autre…). Les toiles de Wasteland proposent des situations qui se conçoivent dans un certain ordre, mais chaque spectateur peut trouver sa propre interprétation : c’est un récit complètement ouvert, transcendé par la subjectivité de chacun et préservant son mystère. Chaque toile fait partie d’un ensemble tout en gardant sa force propre et son autonomie.

Toile « Dimanche, 16 :45 » de la série Wasteland

Si la solitude des personnages peints par Edward Hopper et l’importance du décor qui les entoure résonnent en Linda Roux, elle est aussi influencée par des grands maîtres du paysage comme Thomas Gainsborough, Nicolas Poussin, Eugène Boudin, marquée par la peinture libre et expressive de Paul Rebeyrolles, par les oppositions de textures et d’aspects de Leonardo Cremonini, par la violence sans détour des œuvres de Vladimir Velickovic, par la virtuosité mise au service de sujets banals voire absurdes de Michaël Borremans. Elle s’inspire d’artistes utilisant la vidéo comme Bill Viola, mais plus encore du cinéma, des séries TV et du cinéma d’animation japonais : les « anime ». En termes de séries, citons Six feet under, The Wire, Les Soprano, Breaking Bad, Mad Men, The Walking Dead. En matière « d’anime », elle admire le talent d’Hayao Miyazaki pour traduire des paysages naturels qui ne soient pas mièvres malgré l’utilisation de bleus et de verts acidulés et s’intéresse également à Isao Takahata (second cofondateur du studio Ghibli), à Satoshi Kon (mangaka et réalisateur japonais), Mamoru Hosada (réalisateur de « le garçon et la bête » ayant participé à ses débuts à des séries phares comme Dragon Ball Z). Elle se réclame autant de réalisateurs mythiques comme Michelangelo Antonioni et Ingmar Bergman que de Batman et cie, et des « mecha » - un sous-genre des mangas et « anime » mettant en scène des personnages utilisant des armures robotisées - comme Goldorak, Gundam, Macross. Enfin, son dessinateur de mangas préféré est Taiyō Matsumoto, auteur de « Ping-Pong » ou encore « Amer béton » qui a donné lieu à un long métrage.

Linda Roux à l’atelier avec les toiles de Wasteland

Les artistes présents sur l’Oeuvre et l’Atelier font preuve d’un engagement artistique fort et ont déjà été repérés, mis en lumière, primés par les professionnels de l’art (consultez leurs CV dans les onglets « expositions »). Acheter des œuvres d’art sur l’Oeuvre et l’Atelier c’est récompenser des artistes investis et des démarches authentiques. C’est miser sur le talent, parier sur des « valeurs montantes » de l’art contemporain, contribuer à l’aventure de la carrière de nos artistes, et participer à l’histoire de l’art en train de se faire. Chez l’Oeuvre et l’Atelier, la proximité avec nos artistes est primordiale et totalement liée à notre passion pour leur travail ainsi que notre volonté de les soutenir et de les accompagner sur un bout de leur chemin artistique. C’est pourquoi nous avons rencontré chacun d’eux personnellement, avons échangé sur leur vision artistique et le sens de leurs œuvres, avons tissé des liens pérennes avec eux. La richesse de leurs personnalités fait la richesse de notre galerie en ligne. Nous diffusons et valorisons leur travail en le rendant accessible à la vente en ligne mais aussi en l’expliquant. Nous vous donnons toutes les cartes en main au moment de faire le choix de l’acquisition d’une œuvre d’art ou pour fonder votre décision de collectionner les œuvres d’un de nos artistes.

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